Quand on est fan d'un sport, c'est toujours avec plaisir mais aussi méfiance que l'on voit apparaître une nouvelle discipline ou une nouvelle épreuve. On peut en ressortir très déçu comme extrèmement heureux d'une nouveauté.
Ce week-end, le sport automobile a accueilli une nouvelle discipline, la Superleague Formula. Derrière ce nom vraiment pompeux se cache un concept simple, réunir le football et le sport auto. Comme il aurait été compliqué de faire un matche de foot avec des monoplaces, ils ont décidé de faire le contraire : ce sont des courses automobiles ou les voitures concourent sous les couleurs de grands clubs de foot. Dans la pratique les clubs n'amènent que l'argent et leur couleurs, les voitures sont gérées par de vraies équipes de courses auto avec de vrais pilotes (qui n'ont d'ailleurs pas forcément la même nationalité que le club). L'annonce de la création de cette formule laissa pantois, certains n'y voyant qu'un canular ou un projet qui n'aurait aucun avenir. Des questions demeuraient notamment par rapport au public : les footeux pourraient-ils s'intérresser à de la course auto, les fans de sport auto pourraient-ils s'intéresser à une discipline où à la base l'intérêt sportif semble proche du néant, cette superleague apparaissant plus comme un magnifique moyen de se faire du pognon.

Au fil du temps le projet à pris forme, avec un championnat sous format hivernal, pour correspondre à une saison de foot et pour ne pas subir la concurrence des grandes disciplines auto. Des clubs assez illustres se sont  associés au projet : Anderlech, le Borussia Dortmund, le Milan AC, les Glasgow Rangers, les PSV Eindhoven mais aussi des clubs brésiliens comme Flamengo et même chinois. Le plateau est pour l'instant de 17 voitures et pourrait augmenter si la formule marche, par exemple avec un club français (à priori plutôt Lyon, Marseille ou le PSG). En tout cas un premier point positif; les voitures sont très jolies avec des couleurs de clubs.
Les voitures possèdent un V12 de 750 chevaux pour un peu moins de 700 kg, ce qui devrait donner une voiture de niveau voire plus puissante qu'une GP2 (V6 600ch pour - de 700 kg aussi) mais sans doute pas aussi puissant qu'un f1qui est plus lègère est plus puissante. On pourrait comparer ces voitures à celles du récemment décédé Champ Car.
Les pilotes quand a eux sont plutôt des pilotes en devenir qui sont passés par le GP2 et l'A1GP, mais aussi par les formules américaines. Ce ne sont pas vraiment des cadors de la discipline même si on éviteras de parler de seconds couteaux (toutefois un certain nombre de pilotes ont du être contents de enfin trouver un volant...). Le seul qui peut-être est plus connu que les autres et Robert Doornbos qui est passé par la F1;
Il est difficile de placer cette discipline sur l'échiquier du sport auto : se veut-elle une vraie formule de promotion (comme le GP2 ou l'A1GP) ou tend-elle à être une discipline de pointe du sport auto ?

Ne manquait plus à cette discipline que l'épreuve du feu, celle des courses. Le premier week-end de course a donc eu lieu à Donington en Angleterre, circuit qui est censé accueillir en 2010 le GP de F1 de Grande-Bretagne. Et bien c'est très inquiétant pour la f1, car il est difficile d'exprimer par des mots à quel point ce circuit à l'air pourri : tracé fade et plat, tribunes quasi-inexistantes, piste glissante à cause des décollages de l'aéroport voisin qui laissent de l'huile sur la piste (...). Oser quitter Silverstone pour ce truc, c'est faire une insulte à la F1. Il parait que le circuit sera complétement modifié, et bien il y a vraiment intérêt.
La journée du samedi était dédiée aux essais et aux qualifs, ces derniers se déroulant dans un format assez original. Les voitures sont réparties en 2 groupes qui vont rouer chacun 15 minutes. Les 4 meilleurs temps de chaque groupe se retrouvent alors dans des oppositions un-contre-un avec des quarts, des demis et une finale. L'idée de reproduire le format d'un tournoi de foot est très sympa même si les duels finaux sont décevants : en fait les deux voitures partent avec 5 secondes d'écarts et doivent juste faire le meilleur temps au tour, sans vraiment s'influencer, on aurait préférer pourquoi pas une vrai mini-course à 2 sur 3-4 tours, le mieux classé partant derrière (avantage de l'aspiration mais désavantage d'être derrière). Mais saluons au moins la volonté de proposer quelque chose d'inédit. Trois remarques déjà sur cette journée : d'abord les synthés (= affichages à l'écran) qui étaient la rue, au diapason d'une réalisation elle aussi un peu à la rue parfois. Enfin je ne sais quoi dire des commentateurs français de Direct8. Entre un Delperier qui parle tout le temps et qui s'extasie du temps des  voitures, à une demi-seconde des F1 (sur un tour une demi-seconde étant déjà un écart certain, en plus ce temps est comparé au record des F1 sur cette piste, qui date quand même de ... 1993 ! OK c'est Senna mais être 0,5 secondes plus lent que des f1 d'il y a 15 ans !!!) et un Belmondo ( le fils Paul, pas Bebel !) visiblement un peu sous prozac...
La journée de dimanche avait lieu les courses, 2 courses de 44 minutes (pourquoi 44 minutes, on n'en sait rien, ça aurait pourtant paru "logique" de faire 2 courses de 45 minutes, comme en foot). La première course eu lieu sur le sec, et fut marqué par beaucoup de sorties de piste ( ce qui ne le fait vraiment pas pour une course inaugurale, à se demander si ils avaient bien essayé les voitures !). On a pu voir malheureusement le niveau de l'organisation de Donington : une Safety-car qui sort un peu tard puis qui reste 15 bonnes minutes en piste (sur 44 minutes de course, ça fait beaucoup). Deuxième course un peu plus tard, avec une grille constituée par l'ordre d'arrivée de la première course, mais inversée ( c'est là encore osé, en règle générale on ne fait ça que pour les premières places). Cette deuxième course a eu lieu sous un véritable déluge, avec des voitures ui tenaient mal sur la route ( il était difficile de croire qu'ils roulaient bien en pneus rainurés !), on a notamment vu une voiture sortir de piste et s'encastrer dans une voiture qui avait déjà abandonné mais qui avait été laissée là par les commissaires de course.
J'avais beaucoup d'à-priori sur  cette discipline, j'avoue avoir été agréablement surpris; les courses ont été plutôt intéressantes avec des idées assez originales, j'ai eu l'impression que finalement c'était surtout le circuit de Donington qui était très décevant. Reste quelques défauts de jeunesse bien sûr mais ne lynchons pas cette série qui n'en est qu'à ces balbutiements. Le mois prochain constituera d'ailleurs un vrai test puisqu'ils iront au Nurburgring, un circuit qui lui est aux standings de la F1 (et où en plus on pourra faire de vrai comparaison de performances avec d'autres disciplines). Difficile de dire si cette série à de l'avenir (rare sont d'ailleurs celles qui s'imposent en une seule année), mais après tout pourquoi pas?
Retour à l'accueil